Couture

Perruque XVIIIè

Depuis que j’ai les cheveux courts, je porte des perruques aux événements costumés. J’en ai plusieurs dont une que j’ai faite faire, un genre de chignon flou roux qui couvre plusieurs décennies (jamais parfaitement, mais je me trouve bien avec !) Malheureusement pour le XVIIIè siècle et les tenues de la noblesse, je n’ai rien et préparer mes cheveux moi-même est vraiment trop compliqué : j’ai d’abord voulu en acheter une chez « Hair Club », là où j’ai fait faire la rousse, mais c’est vraiment cher, et comme j’avais une perruque grise dans mes affaires, je me suis dit, allons-y, transformons-la ! Au pire c’est raté 😀

1er avril 2022 :

Je souhaite une coiffure qui convienne avant tout pour ma robe de Marie-Christine d’Autriche, mais un peu moins haute et sans les rouleaux sur les côtés, car je trouve que c’est ridicule. Ce sera plus comme le tableau de droite, mais sans les grosses boucles derrière. Si j’y parviens je ferai une natte pour délimiter la partie chignon !

La perruque que j’ai a les cheveux implantés dans le sens contraire que celui nécessaire, aussi j’ai commencé par tout démonter ! J’ai aussi agrandi ma tête en polystyrène en la coiffant d’un bonnet rembourré de ouate.

2 avril 2022 :

J’ai peint les bords avec de l’acrylique grise pour que la jonction se voit moins, puis ai réalisé des tests pour les boucles (histoire de ne pas me retrouver avec toute une perruque brûlée après des heures de travail^^)

Les boucles prennent bien !

Puis j’ai commencé à coudre les mèches en partant des bords et en progressant vers le centre, pour ne pas me retrouver avec des trous !

Comme j’ai une plus grosse tête que la taille standard, il reste une partie au centre qui n’est pas couverte de cheveux : ce n’est pas grave car une fois le chignon fait, on ne la voit plus.

5 avril :

Et c’est parti pour les bigoudis !

Gorgone Power !

6 avril :

Les cheveux sont secs, c’est parti pour la mise en forme ! Cela a été plus simple que je l’aurais imaginé, finalement la partie la plus compliquée aura été de coudre les bandes de cheveux.

Pour combler la calvitie j’ai cousu un filet puis posé un chignon en laine grise cardée. Devant, pour qu’il y ait ce petit « pouf » à la Pompadour, j’ai glissé une boule de cheveux que j’ai gardé de ce qui tombait des mèches.

A coup de brosse, d’élastiques, d’épingles et de points de couture, voilà le résultat !

Je suis super fière de moi, elle est trop belle ma première perruque !!! Du coup, j’ai envie d’en faire d’autres T-T

Actualités, Couture

L’année 2021 en costumes

Voici un petit article sur les costumes que j’ai cousus l’an dernier, mais pour la première fois, j’écris ce récapitulatif sur mon nouveau site ! (Nous ne sommes toujours pas parvenus à mettre en ligne l’ancien, faut dire aussi qu’on a un peu laissé tomber…)

1er janvier 2022 :

En 2019 j’ai cousu :

  • 1 corset
  • 3 costumes pour moi (dont deux robes Régence anglaise et trois médiévales)
  • 2 costumes pour Hervé (sans compter les gilets que je change à chaque fois)
  • 7 vêtements de tous les jours
  • 6 chapeaux ou coiffes
  • et un nombre conséquent d’accessoires.

Soit 21 costumes neufs

En 2020 j’ai cousu :

  • 14 costumes pour moi (dont cinq robes Régence anglaise)
  • 3 costumes pour Hervé
  • 2 vêtements de tous les jours
  • 1 chapeau
  • et un nombre important d’accessoires.

Soit 19 costumes neufs

Cette année j’ai cousu :

  • 9 costumes pour moi (dont deux robes Régence anglaise)
  • 3 costumes pour Hervé
  • 3 costumes pour des amis
  • J’ai aussi révisé 18 costumes

Soit 15 costumes neufs

Quand je dis « révisé », ça peut être simplement laver et remettre en forme, mais ça peut être également recoudre, réparer, teindre, changer les systèmes de fermeture, les accessoires, ou en créer de nouveaux… J’ai ainsi porté plusieurs fois mes tenues « Wessex » et « Edith Wharton ».

Cette année, j’ai clairement moins réalisé de nouvelles pièces, et il y a plusieurs raisons à cela :

La première, et la plus évidente, a été la crise sanitaire. Près d’une vingtaine d’événements ont été annulés, et je n’avais pas franchement envie de me lancer dans des projets compliqués que je ne pourrais porter qu’une fois (genre une patineuse olympique de 1900, si si^^), donc j’ai misé sur des costumes que j’étais sûre de pouvoir remettre quand il a fallu en faire de nouveaux. Parmi eux il y a :

  • Mes costumes de gauloise : ceux-là, il est clair que je vais les remettre régulièrement !
  • Une robe 1800 classique et passe-partout : en noir et blanc et pleine d’élastiques, le costume qui va me durer des années
  • Une robe 1800 noire et rouge : elle me servira également dans les bals costumés et m’a permis de mélanger des techniques : applications, broderies, dentelles et perles
  • Une robe 1899 que m’a cousue Falang : une merveille qui couvre une décennie pour laquelle je n’ai qu’une robe de jour

Une exception à ces nouveaux costumes « utiles » est ma robe « Art contemporain« . Celle-là, je ne sais pas du tout quand ni comment j’arriverai à la replacer, mais je me suis vraiment amusée à la peindre !

Une autre raison pour laquelle j’ai moins cousu est que je suis devenue artisan à l’archéosite d’Aubechies depuis le mois d’avril : je m’y suis beaucoup consacrée, et évidemment, mon temps n’étant pas extensible, j’ai pris sur celui des costumes. J’ai donc appris à carder, peigner la laine, à la filer au fuseau et au rouet, à la tisser et la teindre ! Cela m’offre beaucoup de possibilités mais l’exploration et l’expérimentation prennent du temps. Voici un aperçu de mes projets depuis un an :

Il y a trois costumes que j’ai terminés pour la Journée Grand-siècle de Vaux-le-Vicomte qui n’a pas eu lieu :

L’agneau n’apparait pas sur le site, de même qu’un costume de mousquetaire : tous les deux sont des commandes. Si tout se passe bien, nous serons huit personnages des Fables de la Fontaine lors de la journée 2022 !

Comme j’avais moins de projets à terminer pour des événements précis, je me suis permise de coudre trois costumes juste pour le plaisir :

Au départ, j’ai choisi de reproduire la robe de Demelza simplement à cause du tissu ressemblant que j’avais dans mon stock: j’ai du coup un costume de servante XVIIIè qui vient compléter ma garde-robe. De même, celui de « Cranford » a été l’occasion d’explorer une nouvelle période pour laquelle je n’avais rien. Côté XVIIIè, j’ai déjà plusieurs robes de la haute société, mais jamais encore une pour laquelle il a fallu tant travailler, ni avec ce type de manches et de décorations. C’était une envie de robe de « princesse » qui ne se révèle pas si superficielle que cela, car maintenant j’ai une robe qui me va parfaitement bien (les autres sont devenues trop petites) et me permet de montrer ce que je sais faire de mieux pour le moment !

La dernière raison pour laquelle j’ai beaucoup moins cousu cette année est qu’en septembre, on a appris qu’Hervé avait un cancer. Comme il est à la maison depuis lors, je passe plus de temps avec lui et moins dans mon atelier ! Pour les fois où nous sommes sortis costumés ensemble, j’ai préféré qu’il soit à son avantage et j’ai donc créé un costume de gaulois, et repris deux de ses plus beaux ensembles pour les compléter et les améliorer. Il y a les « cosplay » de :

Beaucoup moins de costumes, mais plus de sérénité ! Je me rends compte que ça m’a fait beaucoup de bien de ne plus coudre frénétiquement et d’apprendre de nouvelles choses. Avec le temps, ma garde-robe est plutôt conséquente et il est assez agréable d’utiliser ce que j’ai et de ne coudre seulement que des pièces incontournables, très bien taillées et finies, ou de simplement les réviser ou les compléter avec des accessoires. C’est une tendance qui s’amorçait déjà un peu mais qui a vraiment été visible cette année, et que je vais continuer de suivre !

Bonne année à tous !

Couture

Marie-Christine d’Autriche

(Une des onze Marie-Machine)

Toi aussi, tu as repéré la couronne rose en pâte d’amande ?

Quand j’étais petite, j’étais très originale, je voulais être une princesse ! Je voulais vivre dans un château, porter de belles robes, et ne rien faire de la journée. En grandissant, j’ai appris l’Histoire, et je ne veux plus être une princesse ! Oui parce que c’est vraiment super chouette de devoir représenter la couronne en étant parfaite, d’avoir comme unique responsabilité de pondre un héritier mâle, d’être critiquée quoi qu’on fasse par les courtisans comme le peuple, de ne pas pouvoir étudier ni avoir un métier, de voir sa vie réglée par le protocole, de ne pas avoir d’intimité, d’argent à toi, de temps, de choix, de libertés !

Aujourd’hui, le seul truc qui me reste de cette fantaisie, c’est mon amour des belles choses. Mais les beaux châteaux, je préfère les visiter que les entretenir, et les belles robes, je préfère les fabriquer que les porter ! (Rien faire, ça j’avoue, ça me reprend de temps en temps, mais ça ne dure pas la journée).

Or donc, mon amour pour les robes de princesses a ressurgi violemment quand j’ai vu ce portrait de la princesse Marie-Christine de Habsbourg-Lorraine (fille de Marie-Thérèse d’Autriche et sœur de Marie-Antoinette, une des onze filles dont le prénom commençait par Marie, car leur mère était bigrement originale, ou bien légèrement narcissique). Du rose, des dentelles, des perles, des diamaaaaants ! N’en jetez plus, j’ai bavé des litres. Et j’ai bavé davantage en me rendant compte que j’avais tout à la maison pour la réaliser ! (Avec des perles en plastique et de la dentelle en nylon, évidemment, étant donné que je ne m’appelle pas Marie-Emmanuelle).

Et ce qui est bien, c’est que je pourrais la mettre même quand je serai vieille et moche, parce que les princesses jeunes et belles, ça n’existe pas, ou pas très longtemps !

Pour être un peu juste, Marie-Christine semble avoir été une des rares princesses à former un mariage heureux ; elle a pu également donner libre cours à sa passion pour le dessin, et puis elle et son mari ont construit le château de Laeken devant lequel je passe tous les jours ! Quitte à être une princesse, pourquoi pas elle ?

8 avril 2021 :

Il y a deux ou trois ans, j’ai cousu un corset XVIIIè qui commence à s’user quelque peu. Comme j’en ai cousus deux autres entre temps, et qu’il me reste également des mètres de ce même tissu, j’ai eu l’idée de transformer le corset en robe baleinée. En plus je m’économise quelques couches de tissus et les problèmes d’ajustement ! Oui, c’est un peu de la triche, mais c’est pas pour rien qu’ils font comme ça au cinéma !

J’ai commencé par ce qui me plaisait le plus, histoire de me mettre en train : la pièce d’estomac ! Pour cela, j’ai décalqué la forme sur mon tissu et commencé à coudre, coudre, coudre… D’abord deux applications de broderie redécoupées, puis des rubans attachés par des perles, et enfin des rosettes perlées.

Sur le corset, j’ai cousu deux pièces rectangulaires pour cacher les œillets, qu’on aurait vus au travers de la dentelle.

9 avril :

J’ai passé toute la journée uniquement sur les manches, depuis 7h30 ce matin ! Ce n’est pas difficile, mais qu’est-ce que c’est long…

Il y a trois volants de dentelle plissée, décorés de rangs de perles. Je les ai mal posés au départ donc j’ai recommencé !

Voilà les manches cousues au bustier, auquel j’ai rajouté des perles pour délimiter la pièce d’estomac. Alors, ça a de la gueule, non ?

10 avril :

J’ai passé presque six heures à fixer la dentelle du décolleté :

Et trois autres heures juste pour les nœuds :

Et encore, au début, je voulais border les nœuds de perles comme sur le portrait ; au bout de 20 minutes, j’avais fait cinq centimètres, alors j’ai laissé tombé ! En plus, j’aime finalement mieux sans perles aux bords, cela met mieux en valeur le velours. Ma robe n’est pas tout à fait rose, mais je préfère, c’est un peu comme si elle avait vieilli et s’était décolorée !

Pour le bustier, il ne me reste plus qu’à arranger le dos avec une modestie, et pourquoi pas de la dentelle encore.

Ensuite, la jupe, mais ça ce sera plus tard !

20 avril 2021 :

Je vais faire une pause avec ce costume que je terminerai plus tard. Pourquoi ? Parce que j’ai une nouvelle activité dans ma vie ! (Vous pourrez en savoir plus ici) Je vais m’y consacrer un peu sérieusement et mettre entre parenthèses tous les projets qui ne sont pas pour d’autres personnes ni pour des évènements fixés à une date précise.

En effet, je ne vois pas trop quand je pourrais porter une robe pareille : c’est le condensé du costume inconfortable ! Corset, lourdeur des tissus, jupons, paniers, talons bobines, bijoux, maquillage, perruque… Rien qu’un seul de ces éléments m’embête au quotidien, alors tous rassemblés sur une seul journée ? À part en promenade (sans s’assoir ni marcher sur des terrains accidentés) ou en séance photo, c’est impossible !

À dans quelques temps !

17 juillet 2021 :

Je suis en vacances ! Et j’ai enfin le temps de reprendre cette robe 🙂 J’ai bizarrement commencé par les bijoux, que j’ai réunis pour créer une parure cohérente. J’ai fabriqué un collier et transformé une décoration de serre-tête en une broche perlée et fleurie.

Après avoir réfléchi longuement à la manière de m’y prendre puis respiré un bon coup, j’ai attaqué la jupe ! Un sacré morceau, notamment parce que je teste pour la première fois des plis « tuyaux d’orgue » (une technique expliquée dans mon livre préféré « Ornements et détails couture« ) qui permettent de froncer énormément de tissu (5m ici) et d’obtenir des plis réguliers. Ce n’est pas compliqué mais c’est très long : il faut d’abord marquer le tissu pour froncer les plis, puis passer deux aiguilles, et ensuite fixer les plis à la taille voulue sur une ceinture (en bas et en haut). j’ai essayé de zapper cette étape qui me paraissait optionnelle, mais elle est en fait indispensable ! Sans la ceinture, les plis se froncent n’importe comment et ne tiennent pas ! Du coup, je n’ai fait qu’une moitié des plis en deux heures, mais c’est tellement joli que ça en vaut la peine.

21 juillet :

Et en ce jour de fête nationale, moi je couds des mètres de dentelle ! Sur un rang, et puis deux. J’en avais tout juste assez pour qu’elle soit à plat, mais pas assez pour des fronces : tant mieux, c’est moins long !

23 juillet :

J’ai encore mis deux jours pour les systèmes de fermeture, la voilà de dos :

Et voilà la photo avec la tenue terminée !